L’axe « Genre et Médias » vise à croiser deux principales approches : celle du genre en tant que méthodologie de travail dans l’univers médiatique et celle de l’analyse médiatique au prisme du genre. Telle est la posture épistémologique qui préside à notre programme de recherche. Le genre, ici compris comme « rapports sociaux de sexes », permet donc d’analyser les médias aussi bien en matière de production, de représentation que réception. Par-delà le domaine médiatique, l’intérêt s’ouvre plus globalement à la communication dans l'espace public et politique des rapports sociaux de genre mais aussi d’âge, de race, de classe ou de handicap
Sur le plan épistémologique, l’axe se situe délibérément dans la lignée des Cultural Studies et des recherches féministes, prenant en compte des recherches situées et les réflexions sur les méthodologies mises en œuvre dans la recherche prenant en compte la place du chercheur ou de la chercheuse, la question de la retranscription ou de la valorisation scientifique.
Concernant l’analyse médiatique, la place des femmes dans les médias, la question des masculinités et des féminités aussi bien dans des domaines fictionnels, informationnels (avec la question du journalisme) ou du divertissement sont autant d’éléments de discussion au sein de l’axe. Pendant six ans, l’axe Genre s’est penché également sur la question des « Matérialités vocales », sur les façons dont les femmes et les hommes se font entendre et sont entendu·es (au sens propre) dans l’espace médiatique. Qu’est-ce qu’une voix d’homme ? De femme ? La binarité permet-elle de rendre compte de la diversité des voix ? En quoi les échanges verbaux sont-ils genrés ? Trois journées d’études ont donné lieu à une publication dans la revue Semen.
L’Axe Genre et médias est aussi engagé dans la recherche internationale, à travers la participation à des recherches européennes (le programme de recherche Donne in Onda qui réunit des chercheurs et chercheuses d’Italie, Allemagne et France) et la tenue d’un colloque international Etudes de genre, études queer et cultures populaires francophones organisé par l’université de Toulouse Jean Jaurès et l’UQAM. L’Axe accueille également de nombreux et nombreuses professeures invitées et des doctorants et doctorantes (venus du Canada, du Brésil…).
En ces temps de backlash et de la prétendue « lutte contre le wokisme », l’axe Genre et médias souhaite par ailleurs rappeler qu’il est un espace de recherche qui se veut opposé à toutes les formes de marginalisation et de discrimination, ouvert aussi bien aux personnes trans que cis ou minorisées à différents titres (âge, race, classe, handicap…).
Le programme scientifique annuel a visé aussi bien à questionner les méthodologies de l’intersectionnalité que l’articulation du genre aux sexualités à travers la mise en place de rendez-vous mensuels et l’invitation de divers chercheurs et chercheuses travaillant sur ces questions.